[EP8]P5
On a enterra mon père 3 jours plus tard. La maison si pleine de vie habituellement s’était transformée en tombeau. Ma mère ne cessait de pleurer, disant que c’était à cause d’elle que papa était mort…Son mascara dégoulinait sur son visage sans qu’elle ne songe à l’essuyer. C’est bête de se rappeler ces petits détails mais c’est l’image que je garde d’elle, son visage maculé de noir. Je la vois encore comme je te vois, prostré sur ce canapé le regard fixe, les larmes coulant en un flot continu…
Moi après avoir appelé Kayne lui disant de revenir de son internat affolée perdue, je n’avais plus prononcé une seule parole, je restais murée dans mon silence dans ma douleur…L’être que j’aimais le plus au monde avait été abattu comme un chien et moi aussi je m’en voulais. Je m’en voulais d’être partie…de l’avoir abandonné…
- Je monte m’allonger Kayne. Sois gentil occupe toi de Cheyenne prépare lui à manger elle doit être affamée.
- Attend je prépare pour toi aussi, toi non plus tu n’as presque rien avalé depuis 3 jours.

- Non mon fils, je ne pourrais rien avaler. Non, ce que je veux c’est m’allonger et oublier, oublier ton père baignant dans son sang… Pourquoi il est mort dit moi pourquoi il m’a abandonné? Jamais je ne pourrais vivre sans lui c’est pas possible. C’est lui qui me donnait sa force, son optimisme sa joie de vivre…
- Maman oublie cette dernière image de lui, souviens toi uniquement des bons moments passés avec lui. Tu verras dans quelques temps la douleur s’estompera il y aura toujours un manque mais petit à petit on ne se souviendra plus que la joie qu’il nous donnait…
- Non, jamais ma douleur ne s’estompera, ton père est gravé dans mon cœur, dans mon âme…Je suis morte avec lui il y a 3 jours je ne suis qu’un fantôme à présent…Viens dans mes bras mon enfant, mon fils…
- Je t’aime Kayne…
-Moi aussi maman tu verras on s’en sortira.
- Viens ici ma chérie viens embrasser ta maman qui va faire un gros dodo pour oublier…

L’ombre de moi-même vint se blottir dans les bras de ma mère, je la laissais m’embrasser, me dire qu’elle m’aimait, puis elle monta à l’étage…




